Association Nationale des Centres d'IVG et de Contraception

Presse


Accompagnement infirmier au cours d’une IVG sous AL

Claudine DELPECH, infirmière du centre d’orthogénie de l’Hôpital Bicêtre
16 janvier 2003

Même si elles ont choisi d’être réveillée pendant leur intervention, les femmes que j’accompagne lors de leur IVG   par aspiration sous anesthésie locale  , n’en ressentent pas moins, pour la plupart, une angoisse.

Quel est alors le rôle de l’infirmière ?
Une première rencontre avec la femme quelques jours plus tôt, a permis dans la plupart des cas d’établir avec elle une relation de confiance. Le jour de l’IVG  , la présence de l’infirmière se veut rassurante.

Attentive à ce qui se dit, se tait, se crie ou fait grimacer. Proximité chaleureuse ou distance qu’elle me demande de garder, je dois m’adapter à chacune. Expliquer, savoir me taire pour permettre la parole, tenter d’apaiser par des mots ou des gestes les éventuelles douleurs physiques et psychiques.

Je les invite alors à respirer lentement avec moi pour se détendre et favoriser ainsi le bon déroulement de l’intervention. Car si je n’effectue aucun geste technique, n’aide nullement le médecin dans ses gestes, ma présence doit permettre l au moment de l’acte, le bon déroulement de l’intervention. Elles peuvent avouer leur désarroi,leurs peurs, leur culpabilité.

Ces affects qui n’ont parfois pas pu s’exprimer auparavant peuvent me surprendre. Il s’agit de les entendre, d’accepter au moment de l’aspiration le débordement d’émotions qu’elles cachent parfois en retenant leurs larmes. Je me situe en tant qu’actrice dans leur parcours tout en restant vigilante à ne pas être voyeuse. Dans ce moment particulier, s’exprime un double langage : corporel et verbal. Témoin de ce qui se dit, se tait ou s’exprime par les gestes, je m’autorise après l’intervention à renvoyer aux femmes ce que j’ai perçu de leur souffrance, de leur silence, leur peur ou leur tranquillité. Je les invite ainsi, juste après dans la salle ou dans la chambre, si elles le souhaitent, à exprimer leur vécu, leur ressenti.

J’ouvre ainsi à nouveau un espace de parole, qu’elles peuvent saisir ou ignorer selon les cas. Le principal étant de leur laisser la possibilité d’une mise en MOTS de leurs MAUX.